12 oct. 2012

PQ, vers un fiasco total ?

J’étais bien heureux de ne plus voir les Libéraux au pouvoir, le copinage avait bien assez duré et il était temps d’avoir un peu de sang neuf, une nouvelle vision des choses, un regard neuf.

Mais depuis leur arrivé au « pouvoir » le PQ ne cesse d’accumuler les bourdes. Sont-ils en train de se diriger vers le mandat le plus court de l’histoire?

Déjà avec la hausse d’impôt rétroactive, ils s’étaient mis le pied dans la bouche. On peut bien vouloir faire participer les plus riches un peu plus à l’assiette fiscale. De toutes façons le ministre, Nicolas Marceau, l’avait bien expliqué, depuis près de 10 ans on a demandé de faire plus à la classe moyenne sans réellement ajusté du côté des plus riches, il était temps de balancer le tout. Bien sûr on peut être pour ou contre la taxation accrue des riches, mais de faire des hausses rétroactives, ça ne se fait tout simplement pas, c’est changer les règles en plein milieu du match…

Ensuite il y a cette sortie de Mme. Malavoy sur l’enseignement de l’anglais. Pour une fois que les Libéraux avait fait ce qui devait être fait, les Péquistes veulent mettre tout ça veille. Il y a des centaines de profs et des centaines d’écoles qui ont déjà mis des efforts colossaux pour mettre en place la transition, tout ça nous a déjà coûté cher et là, maintenant que nombre d’entre eux sont prêt, le PQ va leur dire d’attendre, de mettre tout ça sur la glace, il va les empêcher d’aller de l’avant alors que dans une multitude d’école se programme se donne déjà depuis plus de 10 ans!

C’est à croire qu’ils ne réfléchissent pas du tout aux conséquences de leurs décisions!

Pire encore, Mme. Malavoy frappe de nouveau ce matin en disant qu’elle veut couper les subventions aux écoles privées qui font de la sélection. Encore ici, il est possible de débattre sur les subventions aux écoles privées. On peut vouloir les maintenir ou les diminuer, ça se discute. Mais couper les vivres aux écoles qui font de la sélection c’est de la pure folie.

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que s’il n’y a plus de sélection par les notes, ce sera un autre type de sélection – ou aucun à la limite, mais dans un cas comme dans l’autre on ne fera qu’inciter plus de gens à se tourner vers le privé et cela se fera, bien sûr, au détriment du public. D’autant plus que les élèves qui ont des problèmes scolaires sont en grande partie issus des classes populaires. Ce ne sont pas les jeunes de Sillery et Outremont qui ont de la misère à l’école, ce sont les jeunes de Limoilou ou Hochelaga…

Bref tout manque de sérieux et de réflexion. Le PQ va devoir réajuster le tir rapidement sinon, ils se dirigent vers un fiasco! Dommage parce que j’aurais bien aimé voir M. Lisée prendre un peu plus de place et éventuellement être vu comme un bon candidat pour remplacer Mme. Marois qui, quoi qu’on en pense, ne passe visiblement pas dans l’électorat.

.jpm

10 oct. 2012

Le poids des chinois

La semaine dernière c’était la fête nationale en Chine. Tout le monde à trois jours de congé et beaucoup de chinois prennent en fait la semaine entière de congé, c’est une des deux « golden week » chinoises – la seconde ayant lieu au printemps.

Ayant une bonne part de notre clientèle en Chine, les « golden week » sont plutôt tranquilles chez-nous. En fait, ils sont très tranquilles. Les courriels tombent pratiquement à zéro et nous avons même droit à quelques journées sans commandes aucune.

Cela serait compréhensible si quatre-vingt pour cent de nos ventes étaient faite en Chine, mais elle ne compte que pour environs un tiers.

Voilà qui exprime bien tous le poids de la Chine dans notre économie. Car si les affaires tournent tant au ralentis quand ils sont en congé c’est que non seulement nos ventes directes sont affectées, mais qu’une large part de nos ventes sont liées de près ou de loin au « marché » chinois. Les produits finaux ne sont certainement pas tous utilisés là-bas, mais il est clair qu’une partie importante d’entre eux transite là-bas.

On le sait déjà la Chine est le plus grand producteur de jouets, de photocopieurs et de composant électroniques au monde et il semble bien que peu importe le domaine, surtout en haute technologie, il y a une masse énorme de produits qui passent par-là que ce soit en parti ou en totalité.

Bref, on connait tous le poids théorique de la Chine, hé bien sachez que certains connaissent également le poids bien réelle de celle-ci.

.jpm

p.s. Cela dit, ça m’a permis de faire un peu de ménage et d’avancer plusieurs dossiers qui avaient pris du retard. J’ai déjà hâte au prochain « golden week »…

5 oct. 2012

Sommes-nous trop à gauche?

Vous entendez la plainte monter ces jours-ci. Les riches ne sont pas content, ils sont un petit 2% à gagner plus de 150 000$ par an, 92 000 personnes qui empochent à eux seuls 29 milliards de dollars annuellement, et ne parle pas de leur richesse accumulé. Reste qu’ils font beaucoup de bruit. Certains pensent même déménager leur entreprises et ou eux-mêmes sous de meilleurs cieux.

C’est vrai que l’on est très taxé au Québec, mais on a des programmes sociaux très généreux – dans lesquels, je me permets de le souligner, il faudrait faire du ménage.

Mais les riches n’en n’ont rien à faire de nos généreux programmes sociaux. Ils pourraient très bien vivre sans ceux-ci et, en fait, ils semblent croire qu’ils vivraient même mieux sans ces derniers puisqu’ils en financent une bonne partie.

Je suis bien conscient comme un peu tout le monde – enfin je l’espère – que tout ceci n’est qu’une question de perception puisqu’au bout du compte, que l’on soit ici, en Ontario ou aux États-Unis ça fini par nous coûter la même chose. Ce que l’on ne paye pas collectivement, on le paye individuellement. Soins de santé, service de garde, même la pauvreté relative des plus pauvres coûte aussi cher sinon plus à la classe plus aisée aux États-Unis.

Cela dit, c’est vrai qu’il y a quand même quelques petites différences. Pour les pauvres c’est pas mal plus difficile aux États-Unis. Pas d’assurance maladie, période de chômage très courte, salaire minimum quasi inexistant. Et ici, être riche, c’est plus chiant, il y a moins de façons de contourner ses obligations fiscales et, oui, les retenues globales sont plus élevées.

Mais sonnes-nous trop à gauche pour autant?

Du côté de la perception et d’une polarisation que l’on pourrait qualifier de simpliste de l’électorat il semble que oui. La montée de la droite semble le démontrer, tout comme cette levée de bouclier contre une taxation que l’on dit excessive des riches.

C’est vrai qu’ici on a de généreux programmes. C’est aussi vrai qu’ils nous coûtent cher, mais d’un autre côté, le principal portefeuille social, la santé ne nous coûte que 12.7% du PIB alors qu’il en coûte 18% aux États-Unis avec un système livré au privé. Voilà au moins un dossier où le publique coûte moins cher. Mais ce n’est peut-être pas le cas partout.

Il faut dire qu’il y a aussi les magouilles gouvernementales qui coûtent très cher. Un petit exemple bien simple. Il y au Québec un organisme à but non-lucratif qui gère le catalogue des livres disponible au Québec. Cela nous coûte pour l’ensemble des librairies et bibliothèque de la province un gros 290 000$ par an. C’est vrai, c’est encore trop cher, tout cela devrait être automatisé et coûter trois fois rien, mais sachez également que juste avant de déclencher les élections le parti Libéral à consentis à une entreprise privé un prêt de 3 millions de dollars, soit 10 fois ce que ça coûte présentement, pour développer une plateforme identique.

Voilà qui illustre bien les idéologies gauches droites. D’un côté on dit que 290 000$ par an c’est trop cher et donc que le public n’est pas efficace et de l’autre on a tellement confiance au privé que l’on finance les projets à des hauteurs totalement démesuré (ce qui permet en passant de faire des petits cadeaux aux amis du parti).

La gauche efficace, elle, aurait gardé l’organisme à but non lucratif et aurait débloquée un budget (250 000$ ce serait déjà beaucoup) pour qu’il puisse engager les experts d’une firme privée déjà existante pour améliorer le produit.

Bon, voilà, mais je ne réponds pas à la question. Sommes-nous trop à gauche?

À mon sens le système est bien comme il est, la couverture est bonne et suffisante, même si je changerais quelques trucs comme la formation continue pour les gens sans emploi. Cela dit, je crois qu’il y a une importante révision des programmes à faire. Il faut cesser de croire que tout cela est intouchable, prêter l’oreille aux perceptions, celle que les riches payent trop d’un côté certes et celle d’une grande partie de la population qui croit ne pas en avoir pour son argent, mais surtout, il faut ramener la cohérence dans l’appareil gouvernemental et orienter l’État dans une direction commune déterminer par quelques grands objectifs.

Malheureusement, bien que le PQ soit en train de faire une partie de la job de bras que les Libéraux n’ont pas voulu faire, je ne crois pas que ce soit le parti de « gauche efficace » dont nous aurions grandement besoin.

.jpm

p.s. Et puis une courte note gauche/droite sur la corruption : Plus le privé sera fort plus il y aura de la corruption (de l’influence dans ce cas-ci), plus gouvernement est présent par une législation touffue, plus il y aura de place pour la corruption. Ainsi comme pour le reste c’est une question d’équilibre et de perception…

3 oct. 2012

L’impôt du PQ

Depuis quelques jours j’essaie de me faire un avis sur les fameuses hausses d’impôts et de taxation sur le gain en capital que propose le PQ.

Honnêtement, ce n’est vraiment pas évident. D’une part parce que l’on est très serré et que l’on doit revenir un jour à l’équilibre et d’autre part parce que l’on est déjà très taxé. Mais, avant toutes choses, il me semble qu’il faut souligner que pour atteindre l’équilibre il y a deux voies. Celle de la taxation et celle de la diminution des dépenses et, à ce chapitre, une bonne, une vraie révision de programmes et des façons de faire serait plus que bienvenue. Je ne suis pas certain qu’il y ait tant de gras que ça, mais il y a certainement une multitude de pratiques qui ne sont pas rentables et de gens à qui on demande de mettre de l’énergie sur des projets inutiles.

Mais revenons à la taxation. D’un côté il y a les particuliers à qui on demande de faire un effort supplémentaire sur lequel il court toutes sortes de faussetés. La première étant bien sur le taux d’imposition. L’IRIS a pondu un excellent texte sur le sujet, mais en gros il faut savoir que personne au Québec n’a un taux effectif d’imposition de plus de 17.5%. D’ailleurs le taux d’imposition effectif est passé pour la tranche de gens gagnant 100 000$ de 16.9% en 2000 à 14.7% en 2009. D’un autre côté parler du taux marginal d’imposition ce n’est que la moitié de l’histoire, il faut aussi parler du fédéral et des retenues d’assurance-emplois, de RRQ et de régime d’assurance parental. Sans parler des taxes à la consommation.

Cela dit, mis à part l’impôt, toutes les autres retenues ne sont pas progressives et laisse pas mal plus d’argent à la fin du mois aux riches qu’aux pauvres. D’autant plus que pour ces dernier l’impôt marginal a cru entre 2000 et 2009 de près de 1%, on est loin de la baisse de 2.2% obtenus par les plus riches.

D’un autre côté nous avons la taxe sur le capital qui risque de faire mal aux petits commerçants. Michel Girard du journal La Presse a fait l’exercice avec un fiscaliste, le résultat est fort intéressant, mais à mon sens il est en marge du réel dans bien des cas. Sommer, comme il le fait, l’impôt total de chaque palier avant de conclure qu’il reste peu dans les mains de l’entrepreneur revient à calculer le profit de chaque étape de production pour un bien et considérer que le prix de celui-ci est largement trop élevé.

Reste qu’il y a un ménage à faire du côté du capital. Il n’est pas normal qu’une multitude de compagnie paye leurs dirigeants en actions et que ceux-ci ne soient ensuite imposés que sur 50% de leurs gains. Et ce n’est là qu’un petit échantillon des problèmes liés à ce concept de gain sur capital…

Mais voilà, au bout du compte, c’est une question d’équilibre et si une part des mesures peut contribuer positivement à celle-ci je ne suis pas convaincu que l’ensemble le fera. Comme ailleurs, un grand ménage devrait être entrepris.

Dernier point. L’équilibre dans la distribution de la richesse est très important et elle doit être bien faite car si ce sont principalement les riches qui investissent, ce sont les moins nantis additionné à la classe moyenne qui, en plus grand nombre, dépensent et font rouler l’économie.

.jpm

27 sept. 2012

Le gars du dépanneur

Je suis allé mettre de l’essence hier. En entrant pour payer, le commis s’approche et me fait part de mon total avant de me pointer le terminal pour ma carte à puce. Je m’exécute et alors que je travaille sur la transaction, le gars, clairement dans la vingtaine, se penche pour lire la une du Journal de Québec selon laquelle l’industrie serait en train de préparer un méga-poursuite contre le gouvernement Marois.

Le commis se recule, je lui demande de quoi il s’agit et il me répond que l’industrie du gaz de schiste veut poursuivre le gouvernement « probablement à cause de la hausse d’impôt ».

Hein fis-je, l’industrie du gaz de schiste? Non, c’est probablement parce que le gouvernement vient de dire qu’il n’y aurait pas d’exploitation de gaz de schiste au Québec. « Ah, ouais ».

Je poursuis en soulignant qu’ils le font alors que l’évaluation du BAPE n’est même pas terminée.

Alors il me relance : « Ouais, mais ils ne peuvent pas poursuivre le gouvernement, tsé, quand le gouvernement décide quelque chose, c’est ça, tu peux pas contester. » Ouf.

Vous vous doutez bien que je n’avais pas le temps de lui faire un cours de politique en règles et de lui expliquer les bases d’une société démocratique moderne en insistant bien sûr sur l’importance de la séparation des pouvoirs. N’a-t-il rien compris non plus de ce qui se passe à la commission Charbonneau?

Je me résigne à lui répondre que oui, il est possible de poursuivre un gouvernement et qu’il y a même plusieurs alternative mais que celle de l’OMC, « l’Organisation Mondiale du Commerce » spécifiais-je, était de plus en plus courante et que dans les fait elles nous coûtaient très cher.

…

Deux choses. Un, Le Devoir a démentis ce matin cette idée de la méga-poursuite, parait que l’industrie n’a rien de tel dans ses cartons et deux, je n’arrive malheureusement pas à trouver le papier sur le coût des poursuites faite envers le Canada à travers l’OMC, mais si me rappel bien, il s’agit de plusieurs centaines de millions de dollars annuellement.

Sinon, il reste l’évidence. Le fait qu’il y a certains de nos concitoyens qui manque profondément de culture politique.

.jpm

25 sept. 2012

Les 48 heures du ministre Lisée

Cette semaine Jean-François Lisée publiait sur son blogue un compte rendu des premières 48 heures de son tout premier mandat de ministre.

Le texte est long mais fort intéressant. Il nous donne une juste mesure du travail de députer, des dossiers qu’il a à suivre, des transitions de gouvernement et de la taille de l’appareil gouvernemental, le tout sur un ton bon-enfant qui rend la lecture agréable.

Cela dit, mis à part la mise au jour de certains rouages de l’appareil gouvernemental que je ne connaissais point le texte m’a surtout surpris par l’ampleur du rôle confié à au nouveau ministre surtout que l’on n’a cessé de dire dans certains médias que Mme. Marois avait tassé M. Lisée dans un coin où il ne pourrait pas faire grand-chose, où il lui serait difficile de briller et donc, à court terme, de lui voler la vedette.

À mon sens, et à voir comment il a su brillement s’en tirer lors de ses premiers pas comme patron dans ses nouveaux ministères, Jean-François Lisée est un des ministres qui risque le plus de faire parler de lui en bien. Avec Montréal et la communauté anglophone, il peut marquer beaucoup de points et s’afficher comme un rassembleur capable de grandes choses. Du côté du commerce c’est moins évidant, mais il reste que s’il travaille bien de ce côté-là, il aura l’ensemble de la communauté d’affaire québécoise avec lui s’il en venait à briguer la direction du PQ.

Et puis bon, entre vous et moi, Pauline, elle est probablement bien compétente (malgré cette énorme faux-pas sur les impôts rétroactifs), mais peu de gens rêve d’avoir une belle-mère à la tête de l’État. Elle ne passe tout simplement pas.

.jpm

21 sept. 2012

Mon Ouest américain – Cinq

Je suis revenue de voyage depuis un mois. Le voyage me parait maintenant être à des années lumières de moi. J’en garde un souvenir vague et confus de façon générale, comme tous les souvenirs, mais en repensant à certains passages, je suis en mesure de me remémorer une multitude de petits détails qui rendent mes souvenirs très vivants…

Voici mes dernières petites notes.

Salade concombre à la chinoise : Une de nos meilleures bouffe et une belle surprise en soit fut notre repas à l’Imperial Gourmet Chinese à Bishop, une petite ville à la croisé de deux routes permettant le passage entre les deux chaines de montagne qui séparent la Californie du Nevada. Si vous être dans le coin, passer souper là et aller prendre une marche sur le « Volcanic tableland », suivez les indications pour les « Happy boulders ».

Même après 15 jours de route avec un odomètre et des distances en miles, je suis toujours incapable de m’y habituer, je vois « Bodie 21 » sur une pancarte et mon cerveau estime automatiquement le temps que ça va prendre. Et puis, immanquablement après le temps prévu, je me demande pourquoi la destination me semble encore aussi loin… Ah, c’est vrai on est en miles ici.

À Las Vegas, la seule machine à bouton avec laquelle t’es certain d’avoir quelque chose qui tombe c’est la machine à glace! Même pas besoin de mettre de l’argent dedans!

Réalisation soudaine à Vegas : 6h45 du matin, dans le casino désert de l’hôtel, de machines à sous à perte de vue et des télés sur « mute » à divers postes. L’une d’elle diffuse les images d’un homme en train de faire un discours. C’est le président des États-Unis – et il est noir! Je sais, on le prend pour acquis, mais ça m’a vraiment frappé ce matin-là, un président américain noir, c’est de la science-fiction, jamais je n’aurais cru ça possible il y a 15 ans.

Endroits préférer de la famille : Mon fils de 12 ans, Yosemite, Venice Beach. Ma fille de 10 ans, Yosemite, Hollywood. Ma blonde, Getty Museum à L.A. et Venice Beach (les canaux), toujours à L.A. Moi, Yosemite et Bishop. Plus grandes déception : Moi et ma blonde, Hollywood. Truc le plus inattendu : Les enfants, les casinos de Vegas!

En final, 18 jours de route, c’est long. On oublie souvent que l’on dort mal en voyage et que l’on se fatigue un peu plus vite. Nous nous sommes beaucoup déplacés… Si c’était à refaire, je ferais plutôt entre 12 et 14 jours et j’éliminerais la partie Phoenix - Los Angeles et je passerais plus de temps dans les parcs nationaux.

Mais au bout du compte, j’aime toujours autant voyager, je garde d’excellent souvenir de ce long périple et je suis impatient de repartir…

.jpm

19 sept. 2012

La LNH et Mahomet

Qu’ont-ils en commun? Rien sinon que les victimes sont toujours collatérales…

Je ne suis pas le hockey, je ne suis même pas un fan et le lock-out me laisse en définitive complètement indifférent. Cela dit, je ne comprends pas la logique des propriétaires ou en fait, je ne la comprends peut-être que trop.

Décréter un lock-out ne fera pas mal aux joueurs, ils sont tous millionnaires ou presque. Quelques mois ne devraient pas trop les déranger. En fait, ceux à qui ça va faire mal ce sont les petits commerçants, ceux qui vivent autour de la grosse machine qu’est le hockey professionnel. Ce sont eux qui vont faire les frais du vide laissé par l’absence de match.

Mais les petits commerçant ne peuvent rien pour régler le conflit, ils ne sont pas en mesure de mettre de la pression. Les propriétaires des amphithéâtres eux, par contre, pourraient mettre un peu de poids sur la ligue, mais ils ont généralement des parts dans les équipes et/ou font parties de grands conglomérats que les pertes engendrées par le conflit ne dérangeront que très peu en définitive – on classe ça dans la colonne des pertes et ça permet de payer moins d’impôts à la fin de l’année.

Bref le lock-out ne va faire, à mon sens, que des dommages collatéraux.

D’ailleurs c’est un peu de même pour les fous d’Allah. Les radicaux, on le sait, sont malades ça n’y changera rien, on ne les  trouvera pas plus raisonnable après ça, loin de là. Et, les dirigeants qui dénoncent les actions de part et d’autres, soulignant dans la même phrase l’importance du respect de l’autre et le droit à la liberté d’expression.

Non, ce sont tous ceux entre les deux qui vont en souffrir le plus, les modérés qui vont encore voir leur religion mis au ban et les instances gouvernementales qui n’ont rien à dire dans le conflit mais qui se trouvent tout de même sur la ligne de feu.

Cela dit, contrairement au conflit dans la LNH, celui-ci est loin de me laisser indifférent. Je trouve comme toujours que cette bande de malade dépasse les bornes. Je vous explique ce dépassement en deux mots.

C’est bien simple. Je n’ai pas de problème fondamental avec les religions. Je trouve ça con, mais je comprends la volonté de ses gens à vouloir adhérer à une religion et je respecte ce choix. Mais, une religion c’est personnel, ça relève de la vie intérieure et ça ne peut en aucun cas être imposé aux autres qui auraient fait un choix différent. Or voilà que cette bande de malade qui maintiennent que toute de représentation de Mahomet est interdite veut imposer cette interdit à tous. Eux n’ont peut-être pas le droit de le représenter, mais ça n’engage qu’eux! Je ne suis pas musulman alors en quoi leurs engagements me concernent-ils?

Il y a un film avec un acteur qui joue Mahomet? Il y a un magazine qui le caricature? Pas de problème, personne ne les obligent à les regarder! D’un autre côté s’ils veulent savoir ce que les autres pensent d’eux et qu’ils regardent – grand bien leur fasse – qu’ils en assument les conséquences!

.jpm

14 sept. 2012

Mon Ouest américain – Quatre

Le voyage a bien change. Il n’y a pas si longtemps, loué une voiture à l’étranger était compliqué, aujourd’hui on fait ça par internet plusieurs mois d’avance. Puis il y avait les motels à dénicher sur la route et les cartes à déchiffrer… Aujourd’hui bien ce sont les indications de Google Maps qu’il faut déchiffrer : 53 secondes sur la Highway 5 – Vous la connaissez celle-là non?

Mais malgré ces changements technologiques le voyage est toujours pareil à lui-même.

Voyager c’est improviser des jeux en voiture, comme les enfants qui jouent à Mastermind avec des couvercles de boisson gazeuse. Voyager c’est voir les paysages évoluer – d’ailleurs, la Californie ce n’est que ça de fantastiques paysages, un derrière l’autre. La vue, la vue, la vue.

Voyager c’est profiter des petits moments, des arrêts pipi pour voir l’envers du décor. Profiter des pauses pour faire de la photo. Profiter des arrêts maux de cœur pour sortir respirer nous aussi…

Voyager c’est aussi et surtout faire des compromis. Sur la bouffe, sur les  activités. C’est savoir s’adapter, essayer de plaire à tous sans s’oublier. Parfois c’est coûteux. Les enfants se lassent des paysages et de la marche alors on loue des vélos, par contre faire un petit détour pour descendre Lombard Street à San Francisco ne coûte rien et leur fait bien plaisir.

Voyager c’est improviser, faire au mieux avec ce que l’on a sous la main. C’est apprendre à vivre avec l’incertitude. Rien n’est aussi parfait que dans les guides de voyage. La réalité est généralement plus floue, moins évidente, tout n’est pas donné comme dans la publicité. Il faut savoir trouver les petits coins intéressant, sortir des sentiers battus et parfois savoir y rester!

Mais au-delà de tout ça, voyager c’est découvrir. Découvrir l’ailleurs, l’autre et surtout découvrir ceux avec qui l’on voyage et aussi se découvrir soi-même. Les voyages forment la jeunesse comme on dit. Hé bien ils forment également les parents, rapprochent les familles et permettent à tout un chacun de partager des moments qui n’existent pas dans le quotidien.

Voyager c’est apprendre, grandir, comprendre, se questionner, découvrir.

Voyager, c’est voyager!

.jpm

10 sept. 2012

Mon Ouest américain – Trois

L’Ouest est une terre de grands contrastes, tant du côté des paysages que du côté humain, les petits villages perdus (On a croisé Harmony, 12 habitants) côtoient les mégapoles et la richesse opulente côtoie la pauvreté institutionnalisée.

À San Francisco, afin de ne pas se ruiner nous avons opté pour un petit hôtel en ville à la limite du secteur où se tiennent les sans-abri. Dans le hall de l’hôtel, une petite pancarte explique pourquoi il y a tant de sans-abri dans le secteur et à San Francisco en général.

La raison est simple, le secteur où l’on couchait, comporte un important nombre de services pour les sans-abri et plus globalement, San Francisco et la Californie sont des endroits aux États-Unis où il y beaucoup de services pour les pauvres. Cette abondance de service attire les pauvres et les sans-abri en ville.

Le problème c’est que les emplois ne sont pas en ville à San Francisco. Ils ne sont surtout pas au centre-ville. Les emplois, nous les avons vus à Salinas, une centaine de kilomètres au sud de San Francisco, là ça bouge! Des champs à perte de vu et tous recrutent… Mais les Américains n’y vont pas. Ce n’est pas pour eux, ils laissent les champs aux Mexicains qui, visiblement y trouvent leur comptent.

Des Mexicains, il y en a au États-Unis. Une grande partie du pays est même en train de devenir bilingue du côté de l’affichage. Je dois dire que je comprends jusqu’à un certain point les Américains de se sentir quelque peu envahis par ces immigrants venu du Sud. D’un autre côté j’ai bien l’impression qu’ils ne réalisent pas que sans eux l’économie américaine s’effondrerait complètement. L’agriculture et les services dépendent en grande partie de cette population migrante qui accepte de travailler pour des peanuts et ce de Los Angeles à New York en passant par l’Arizona, la Floride et même le Colorado.

Également vu à San Francisco, tout prêt du Gap original, les derniers remparts d’Occupy SF. Il n’y avait plus grand monde là. Le mouvement aura certainement eut son impact. Malheureusement, mis à part les quelques raccourcit théoriques et les slogans qui ont du punch tel que le fameux 99%, il ne reste pratiquement rien et à la vue de Occupy SF j’ai vite compris pourquoi. Le mouvement a été complètement bouffé par sa frange radicale.

Il est vrai que c’était un mouvement de tous, pour tous, le 99% contre le reste. Et s’il y avait ce 1% de riches qui ne se sentaient pas concerné, il y avait également un autre 1%, celui à l’autre bout de l’échelle de valeur auquel la masse des 98% ne pouvait s’associer et donc à la fin ils ont décrochés…

Les grands contrastes compliquent toujours les choses, mais c’est ce qui rend la vie intéressante.

.jpm